Dixième épisode - Au pays de Maïkan le sorcier


Résumé de l'épisode précédent :

Au matin, Fleur de Lune s’inquiète de l’absence du Chat. La Fée la rassure mais ne peut lui dire ce qu’elle a vu dans son miroir magique, car elle n’en a pas le droit. Le Chat, toujours invisible, dort dans son rouleau de cordage. Il est réveillé par la voix de Duval qui discute avec les marins de la soirée à la Taverne. Le Chat craint qu’il ne finisse par le reconnaître… Le soir au dîner tout le monde parle de l’aventure du Chat sans savoir qu’il s’agit du chat du bord, bien sûr. M. de Champlain, qui revient d’une expédition dans le Saguenay, propose à la Fée et à Fleur de Lune de l’accompagner dans un des villages Montagnais où se trouverait le coureur des bois qui accompagna Guillaume.


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Le lendemain matin, la Fée réveilla Fleur de Lune très tôt.

- Allons debout,  nous devons nous rendre à Tadoussac. Nous n’aurons pas trop de temps pour nous faire fabriquer des vêtements. J’espère même que la couturière acceptera un si court délai. 

-  J’ai sommeil, dit en baillant la fillette ! 

- Quand je te dis que tu te couches trop tard ! Allons, tu devrais être contente, tu adores cette petite ville. 

- Je l’adorais comme elle était avant dit Fleur de Lune de plus en plus renfrognée. 

-Est-ce que tu te rends compte de ce que tu viens de dire, remarqua la Fée. 

- Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, dit la fillette étonnée. 

- Tu parles d’avant, corrigea la Fée, alors qu’il s’agit d’après. Tu sembles oublier que nous sommes retournées dans le temps.  Ce que tu as vécu jusqu’à présent dans ta vraie vie au vingt et unième siècle, n’est pas encore arrivé, tu me suis ? 

- Oui je vous suis, je vous suis même très bien, mais c’est trop compliqué, ronchonna Fleur de Lune. J’ai bien compris qu’avant c’était après et qu’après c’est avant… En tous cas, moi je peux vous dire que,  pour l’instant, dans ce Tadoussac-là, il ne se passe rien. Que ce soit celui d’avant ou  que ce soit celui d’après ! 

- C’est à voir, plaisanta la Fée. Mais il est vrai qu’il n’y a ni boutiques de souvenirs, ni musées, ni petits bistrots sympas,  ni bons restaurants, ni jolis hôtels, ni animation dans les rues à part quelques autochtones et il aucun touriste ! Mais dans ce Tadoussac-là, comme tu dis,  on va peut-être nous fabriquer  de très beaux vêtements.

 Allons cesse de te morfondre. Je sais que la nuit dernière,  tu as rêvé de tes parents, de tes amis et de ta maison au bord du lac.  Aujourd’hui tu es triste, c’est normal.  Mais  quand tu seras rentrée, je suis sûre que tu regretteras souvent Jean. Tu regretteras aussi ce temps où tu étais Isabelle et tout ce que tu auras vécu dans cette aventure. Je comprends très bien ta tristesse. Tu t’ennuies de ta vraie famille. Je te trouve même très courageuse.

La Fée prit sa filleule dans les bras et lui fit un gros câlin maternel et consolateur. Puis elle dit :

- En attendant, prépare-toi vite car nous avons du pain sur la planche

La Fée avait demandé à son ami Champlain où se trouvait la couturière et celui-ci avait confié à Jean la mission de les y conduire.

A la sortie de Tadoussac, ils s’arrêtèrent dans une petite maison avec un joli jardin et une enseigne avec du fil et des ciseaux où était écrit le nom de  « Marie ».

Une jeune femme les accueilli. Elle était très belle avec de grands yeux tristes, d’un bleu profond presque violets et de longs cheveux noirs. Elle était habillée avec une sobre élégance, on aurait dit une gravure de mode. Le jeune femme les reçut chaleureusement et écouta la demande de la Fée avec beaucoup d’attention. Puis, elle palpa longuement les étoffes.

- Ces draps de laine sont magnifiques, mais, dans l’ensemble, bien trop beaux pour ce que vous désirez en faire, dit-elle après un moment de réflexion. 

- Vous trouvez, dit la Fée avec étonnement. Il est vrai que je n’ai jamais fait de couture. Je ne sais faire que de la broderie. Que nous conseilleriez-vous ? Rassurez-vous, je n’ai aucune idée préconçue, il faut seulement que cela convienne aux circonstances de ce voyage et j’ai cru comprendre aussi aux convenances ! 

- Faites-moi un dessin de ce que vous aimeriez porter, dit aimablement la jeune femme et je vous promets que vous ne regretterez pas de m’avoir fait confiance. 

La Fée dessina les vêtements qu’elle avait rêvés pour ce voyage.

- Mais, Madame, dit la jeune femme dissimulant mal sa surprise, ce sont des vêtements masculins. 

- Vous ne nous voyez  quand même pas en jupe pour une telle expédition, ce serait inconfortable et ridicule s’exclama la Fée en riant. 

- Ma marraine a raison,  un pantalon c’est plus pratique, dit Fleur de Lune qui avait oublié la discussions de la veille. 

- Si j’ai bien compris ce que vous appeler ressemble  un peu aux chausses que portent les messieurs, interrogea la jeune femme qui commençait de se piquer au jeu. Serait-ce la nouvelle mode de Paris ? 

- Ce le sera peut-être un jour, répondit la Fée en souriant, mais pour le moment je pense que nous allons  devoir l’inventer. En revanche, je compte sur vous pour féminiser un peu cette tenue, je ne voudrais pas faire honte à M. de Champlain ! 

- Ne vous inquiétez pas, répondit la jeune femme.  Je suis très honorée de la tâche que vous me confiez, et je m’emploierai à ce que vous soyez totalement satisfaites.

- Alors, que nous suggérez-vous ? demanda la Fée.

- Pour aller avec ce  pantalon, je pourrais tailler une sorte de tunique que je vous conseillerais de faire, en peau, elle aussi, c’est ce qui sera le plus confortable et le mieux adapté aux rigueurs de ce voyage. Et dans ce drap de laine marron je pourrais vous faire des manteaux. Car, là ou vous devez vous rendre, il fait frais le soir.

Elles  discutèrent encore un moment,  puis, après avoir prit les mesures, elles fixèrent un rendez-vous pour le lendemain.




 A suivre…

La couturière cache-t-elle un lourd secret ?

Jean va-t-il tomber amoureux d’elle ?



Vous aurez la réponse à ces questions avec les nouvelles du large qui arriveront demain…


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