Dans la confusion l'épisode 5 avait précédé l'épisode 4. Tout est revenu dans l'ordre. Nous sommes désolés pour cette bouteille qui s'était égarée.
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| Résumé de l'épisode précédent : |
- Nous n’aurions pas dû rire de lui, reprocha Fleur de Lune, qui était un peu en colère contre sa marraine. C’est une vilaine farce, il ne vous a rien fait. Tout le monde sait que les chats ont horreur qu’on se moque d’eux. - Je n’ai pas pu y résister, reconnut la Fée qui n’était pas très fière d’elle-même. Parfois, je dois l’avouer, il m’agace avec ses grands airs. - Je ne vous reconnais plus, insista Fleur de Lune déçue. Il y a des moments où je me demande si vous êtes encore vraiment une fée. Nous sommes tous les trois égaux dans cette aventure et il va falloir que vous répariez un certain nombre d’injustices à l’égard de notre ami le Chat. J’ai l’impression que vous lui faites payer de nous avoir boudées si longtemps. Je trouve que vous avez un peu trop l’habitude de le faire enrager, ce n’est pas digne de vous. La Fée fut à la foi surprise de ce que lui disait sa filleule et en même temps très fière d’elle. Comme Fleur de Lune avait changé depuis le début du voyage, comme elle avait mûri ! Comment avait-elle pu, elle, sa marraine, ne pas s’en apercevoir ? Sans compter que ce que lui disait la fillette était vrai. Certes la Fée était de nature taquine, mais jusqu’à présent elle ne connaissait pas la rancune, cet horrible sentiment qu’elle reprochait tant aux humains. Elle réalisa soudain que se lancer dans une telle aventure, sans préparation était une folie et qu’elle l’avait faite. Catastrophée, elle pensa arrêter là l’expérience et retourner dans son monde à elle, qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Heureusement, Fleur de Lune intervint. - Vous n’avez pas le droit, dit-elle fermement. - Mais, tu lis dans mes pensées maintenant, s’étonna la Fée. - Je crois que oui, répondit la fillette, mais c’est sûrement grâce à vous. Vous avez dû me donner quelques-uns de vos dons, sans le savoir. Pour en revenir au Chat, nous n’avons pas le droit de l’abandonner et nous ne pouvons plus repartir, il est trop tard. Que deviendraient-ils tous, sans nous ? J’ai l’impression, tout à coup, que nous ne sommes pas là par hasard. Peut-être les protégeons-nous ? Nous devons continuer coûte que coûte. - Tu es une bonne avocate, reconnut la Fée après un silence. Tu as gagné, nous irons jusqu’au bout de notre mission. Quant à les protéger, je n’y avais pas pensé, mais tu as peut-être raison. Quant à moi, je vais devoir prendre conseil auprès de mes fées supérieures pour ne pas continuer sur la voie de ces terribles défauts humains. - Je dois quand même vous dire, intervint Fleur de Lune, que je vous aime autant comme ça. Vous êtes plus proche de nous que vous ne l’étiez au début avec toutes vos qualités de fée. J’aime bien vos terribles défauts, ils vous rendent aussi parfois plus humaine. - Ou vas-tu donc chercher tout cela ? demanda la Fée, avec tendresse. - Je ne sais pas, répondit la fillette très émue, peut-être suis-je en train devenir, moi aussi, quelqu’un d’autre, peut-être suis-je déjà un peu Isabelle ? Elle était sûrement plus réfléchie que moi, plus mûre. Il ne faut pas oublier qu’elle avait perdu sa mère et ne voyait jamais son père, cela devait la rendre différente des autres, malgré tout l’amour que lui donnait sa marraine. La Fée, les larmes aux yeux, prit Fleur de Lune dans ses bras et la serra très fort contre elle. - Nous devons aller chercher le Chat pour nous confondre en excuses, dit-elle. - Ce ne sera pas facile, il est si rancunier, dit Fleur de Lune. - Eh bien, ça nous fera un bon rodage pour se remettre en selle, conclut la Fée en la prenant par la main. Et puis, je sais que tu seras là pour m’aider ! A nous deux, nous allons faire de grandes choses et en premier nous allons nous réconcilier, une fois de plus, avec notre ami le Chat… La Fée accompagnée de Fleur de Lune ne chercha pas le Chat bien longtemps. Elles le trouvèrent auprès de son ami, le jeune cuistot. Comme il fallait s’y attendre, il fit ostensiblement semblant de ne pas les connaître. C’était de bonne guerre après tout. Il fut donc impossible d’avoir une conversation avec lui. Il en profita pour jouer les idiots ! Après tout il n’était pas censé avoir le don de la parole, ni même toujours comprendre ce qu’on lui disait… En désespoir de cause, La Fée et Fleur de Lune prirent le cuistot à témoin : - Je suis vraiment désolée, dit la Fée, j’ai fait à ce pauvre Minet, une bien vilaine farce j’aimerais me faire pardonner. Le Chat buvait du petit lait, enfin c’est une façon de parler, car il y avait bien longtemps qu’il n’en avait plus goûté. Etonné de tant de sentimentalité de la part de personnes aussi distinguées, le jeune cuistot leur conseilla de donner à Minet une énorme assiette de poisson cru. - Il n’y résistera pas vous allez voir, ajouta-t-il, compatissant. Sous le regard goguenard du Chat, la Fée prit la gamelle poisseuse, pleine de poisson gluant et se dirigea en direction de la cabine arrière, en disant : - Allons gentil Chat, viens manger, tu vas te régaler, je te promets de ne plus jamais me moquer de toi. Le jeune cuistot eut du mal à cacher son envie de rire devant cette scène, à la plus grande joie du Chat qui continuait de faire semblant de ne pas saisir le sens de toutes ces jérémiades. - C’est bizarre, dit le cuistot, d’habitude quand il s’agit de nourriture, il comprend tout. - Viens mon Chat chéri, surenchérit Fleur de Lune, nous t’aimons si fort. Elle était si sincèrement ennuyée qu’elle fondit en larmes. Le Chat n’avait jamais pu résister au chagrin de qui que soit, encore moins quand il s’agissait de son amie Fleur de Lune. Aussi, malgré sa résolution de ne plus rien céder, il ne tarda pas à suivre ses deux amies, mais à bonne distance et en affichant envers la Fée, un profond dédain.
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